<

Parlez-vous le circulaire ?

Lire la légende du visuel

Rénovation d’un bâtiment en Suède, pour lequel les anciens vitrages ont été récupérés et envoyés dans une fonderie pour être transformés de nouveau. Une illustratipon du cercle vertueux de l'économie circulaire.

Circularité
Décryptage
Durée de lecture : 5 min 5 min
22/12/2025

Partager l'article

Le vocabulaire de l’économie circulaire s’impose dans le secteur du bâtiment. De l’upcycling au CMUR, en passant par les matières secondaires ou les DEP, ce lexique décrypte les concepts clés pour mieux comprendre et mettre en œuvre la transition circulaire dans la construction.
Getting your Trinity Audio player ready...

Upcycling


Fait référence à un processus de transformation de déchets ou sous-produits en nouveaux produits ou objets de qualité supérieure à celle du matériau ou du produit original. L’upcycling ne dégrade pas les propriétés physiques ou chimiques du matériau mais vise à valoriser les produits usagés en leur donnant une nouvelle vie plus qualitative. Autrement dit, il donne une nouvelle vie plus “haut de gamme” au matériau d’origine (planche en bois, vieille bâche, tissu, carton, emballage plastique…), souvent très loin de sa première vie. Ce faisant, il diminue la demande en ressources vierges et permet de limiter les impacts environnementaux.

Transformer des palettes de chantier en mobilier : très fréquentes sur les chantiers, souvent jetées alors qu’elles sont encore structurellement solides, les palettes peuvent être utilisées pour la fabrication de mobilier (par exemple : bancs pour espaces de pause, Tables basses ou étagères pour les bureaux…). 

Transformer des vieilles fenêtres en serres ou cloisons décoratives : lors de rénovations, beaucoup de menuiseries sont remplacées alors qu’elles restent structurellement utilisables. Elles peuvent servir pour la création de mini-serres, de cloisons vitrées ou d’abris légers.


Downcycling


À l’opposé de l’upcycling, fait référence à un processus dans lequel les matériaux sont transformés en produits de valeur inférieure à celle du matériau original. Cette pratique cause sur ce dernier une perte de propriétés fonctionnelles ou mécaniques, qui en réduit le spectre de réutilisation future. Ainsi, le cycle de vie du matériau ne se prolonge-t-il que rarement.

Par exemple, le broyage du verre, dans le but de la transformer en granulat routier, crée une dégradation du matériau qui limite à une fourchette de 10 à 20% son réemploi.

Autre exemple avec du bois massif transformé en panneaux de particules : le bois récupéré est broyé en copeaux, mélangé à des résines, transformé en panneaux agglomérés. Le bois massif d’origine avait une plus grande valeur et des usages plus nobles. Le panneau obtenu contient colles et additifs : il est impossible de revenir au bois massif. La valeur fonctionnelle baisse fortement..


Matières premières vierges


Une matière première vierge est une ressource extraite directement de l’environnement (sol, sous-sol, forêts, mers…) qui n’a jamais été utilisée, transformée ou recyclée auparavant. En d’autres termes, c’est une matière neuve, issue de l’extraction (ressource non renouvelable) ou de la récolte (ressource renouvelable), par opposition à une matière première recyclée ou réemployée.

Exemples typiques : minerai de fer pour produire de l’acier ; sable pour fabriquer du verre ou du ciment ; bois pour fabriquer des charpentes ou des isolants ; pétrole pour fabriquer des plastiques….

L’utilisation de matières premières vierges implique généralement un impact environnemental plus élevé (extraction, transport, transformation) et une empreinte carbone supérieure par rapport au réemploi ou à l’utilisation de matières secondaires (matières recyclées ou sous-produits).

Selon la fondation Helen McArthur, l’adoption des principes de l’économie circulaire pourrait réduire les émissions jusqu’à 50% dans le secteur de la construction en améliorant l’efficacité des matériaux, en augmentant les taux de recyclage et en réduisant les déchets.


Matières secondaires


À l’inverse des matières premières vierges, le terme fait référence aux matières obtenues au terme d’un processus de recyclage ou de valorisation de déchets ou de produits en fin de vie. Elles remplacent donc les matières premières vierges dans le cycle de production, avec un impact environnemental moindre et une pression plus faible sur les écosystèmes. Ainsi, sous réserve de répondre à des critères de qualité suffisants, les matières secondaires contribuent à réduire significativement l’impact carbone d’un produit.

A noter que les sous‑produits industriels peuvent aussi être considérés comme des matières premières secondaires : un sous-produit industriel est une matière issue d’un procédé de fabrication mais qui n’est pas le produit principal. S’il présente une valeur d’usage et peut être réutilisé dans un autre processus industriel, alors il devient une matière première secondaire. Par exemple : les laitiers de hauts-fourneaux (industrie sidérurgique) utilisés pour produire du ciment ou de la laine de roche ; les cendres volantes des centrales thermiques utilisées dans le béton.

En Europe, le recyclage de l’acier réduirait de près de 72% la consommation énergétique nécessaire en comparaison avec un acier produit à partir de minerai.


Taux d’utilisation circulaire des matériaux (CMUR)


Fait référence à un indicateur développé par l’Union Européenne qui évalue, pour un cycle de production donné, le ratio de matériaux secondaires dans l’apport total en matériaux utilisés. Plus le CMUR est élevé, plus le cycle est économe en matières premières vierges et la circulation des ressources efficace. Dans le secteur de la construction, il permet de mesurer le niveau de circularité des matériaux employés et de leur valorisation effective.

L’Agence Européenne de l’Environnement indique que le CMUR sur l’ensemble de l’Union Européenne était de 11,8% en 2023, soit une progression de 1,1 point par rapport à 2010.


Déclaration environnementale de produit (EPD)


Encadré par la norme internationale ISO 14025, la Déclaration Environnementale de Produit (DEP) est un document qui dresse l’inventaire des impacts environnementaux d’un produit ou d’un matériau donné. Elle inclut des informations circonstanciées et précises relatives aux externalités négatives induites tout au long du cycle de vie du produit, telles que la production de déchets non-valorisables, la toxicité, les émissions de CO2 et d’ozone ou encore la consommation en eau. La DEP a une validité de 5 ans.

Suivant les formulations utilisées pour réaliser des bétons à plus faible empreinte carbone, dits bétons « bas carbone », il est possible d’atteindre des réductions de l’empreinte carbone des bétons allant jusqu’à 60%.

×