Bases de données carbone : quand les datas servent la durabilité

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Moins de 1 % des bâtiments nouvellement construits disposent de données précises sur leurs émissions de carbone, selon le World Economic Forum.

Politique et économie
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Durée de lecture : 2 min 2 min
29/02/2024

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En documentant les bénéfices environnementaux des techniques et matériaux innovants, les bases de données carbone s’imposent comme le premier levier d’une transformation durable. Les initiatives se multiplient dans les pays du Nord pour aider les acteurs du secteur à réduire drastiquement leurs émissions.

C’est une course contre la montre : l’urgence climatique impose au secteur du bâtiment d’agir vite. Problème : moins de 1 % des bâtiments nouvellement construits disposent de données précises sur leurs émissions de carbone[1]. Or comment améliorer ce que l’on ne sait pas mesurer clairement ? D’autant que la tâche parait herculéenne, l’empreinte d’une construction se composant d’une myriade de paramètres.

Collecter et partager

Seule la diffusion d’une information objective peut permettre aux solutions plus durables de devenir de nouveaux standards. C’est précisément l’ambition des bases de données qui fleurissent depuis plusieurs années, à l’instar d’Inies en France, d’Ökobaudat en Allemagne, d’Ecoinvent en Suisse et, plus récemment, de la Built Environment Carbon Database lancée en 2023 au Royaume-Uni. Ces plateformes, pensées par et pour les acteurs du secteur, visent à collecter et à partager toutes les informations disponibles à travers un benchmark toujours plus large.

« La démarche centrale de ces bases de données est d’inclure les évaluations d’émissions de carbone dans les outils de conception, afin que les architectes puissent affiner leurs choix très en amont », souligne Catherine De Wolf, professeur d’ingénierie circulaire appliquée à l’architecture à l’ETH Zurich. « Quand la donnée existe en quantité, cela aide à atteindre ensemble un objectif commun », confirme Anica Landreneau, directrice internationale du design durable au sein du cabinet d’architectes américain HOK.

Chantier de construction
Pour pouvoir adopter des bétons plus durables et moins énergivores, les ingénieurs structures doivent pouvoir compter sur des bases de données simples d’accès.

Si l'industrie dispose de données fiables, il devient plus facile pour les responsables gouvernementaux de mettre en œuvre de nouvelles politiques et de réglementer.

Catherine De Wolf, professeure adjointe d'ingénierie circulaire pour l'architecture à l'ETH Zurich.

Parallèlement à l’aide apportée aux architectes pour faire des choix plus durables, ce catalogage systématique proposé par les bases de données carbone pourrait favoriser l’établissement de rapports environnementaux plus rigoureux de la part des fabricants de produits et, en rendant tous les aspects d’un bâtiment traçables, promouvoir la réutilisation circulaire des matériaux qui n’ont pas épuisé leur durée de vie. Son succès dépend bien sûr de la volonté de l’industrie de partager ouvertement les informations et de collaborer dans une approche circulaire bénéfique à tous.

[1] Alan Belfield, World Economic Forum, 20/01/2023.
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