LES 5 LAURÉATS 2026 DU GLOBAL AWARD FOR SUSTAINABLE ARCHITECTURE™

Qualité de vie
Durée de lecture : 6 min 6 min
29/04/2026

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Pour sa 19ᵉ édition, Global Award for Sustainable Architecture™ a eu pour thématique « Architecture Is Transformation ». Découvrez les 5 lauréats 2026 récompensés à Istambul (Turquie) par un jury international le 15 avril 2026.
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Pour cette 19e édition, le Global Award for Sustainable Architecture™ a mis en avant cinq architectes et équipes dont les projets montrent concrètement comment l’architecture peut transformer les territoires. Qu’il s’agisse de bâtiments, de paysages ou d’espaces publics, leurs réalisations répondent à des enjeux environnementaux et sociaux en s’appuyant sur les ressources locales et les réalités du terrain. Ensemble, ils illustrent une architecture capable d’agir de façon simple et durable pour améliorer les lieux de vie.

En synthèse, les 5 lauréats 2026 :
Ye Man, architecte, fondatrice de ZSYZ, (Chine)
Doan Thanh Ha,architecte, co-fondateur de H&P Architects, Vietnam
Loreta Castro Reguera & José Pablo Ambrosi, architectes, fondateurs de Taller Capital, (Mexique)
Amelia Tavella, architecte, fondatrice d’Amelia Tavella Architects, (France)
Andreas Kipar, architecte, paysagiste et urbaniste, co-fondateur de LAND, Allemagne / (Italie)


Ye Man — ZSYZ Studio, Shangai (Chine)


« Face aux limites écologiques de la modernité, je cherche une architecture où la tradition et l’intelligence écologique convergent pour favoriser des modes de vie plus en harmonie. »

Le travail de Ye Man s’inscrit dans une démarche d’épure et de sobriété. Son approche repose sur une réduction volontaire des ressources mobilisées et de l’impact environnemental, en s’appuyant sur des principes issus de la tradition constructive chinoise.

L’architecte développe une architecture préfabriquée en bois, biodégradable et réversible, fondée sur des techniques d’assemblages traditionnels, qu’elle associe à des technologies de pointe. Chaque projet s’appuie sur un travail approfondi de prototypage, attentif aux conditions locales, aux usages et à l’identité des lieux.

Pour le jury, cette démarche illustre concrètement plusieurs leviers clés de la construction durable : adaptabilité des bâtiments dans le temps, limitation de l’empreinte matière, et capacité à s’inscrire dans des logiques de régénération.

Tongde Hall, Longji Village, Hainan (Chine) : plutôt que de reconstruire les halls ancestraux de la dynastie Ming en ruine, Ye Man a choisi de les conserver en l’état et de les protéger au moyen d’une structure légère. Une trame de 78 colonnes en bois supporte un système de câbles et une toiture en verre, formant une « ombrelle » qui abrite les vestiges sans les altérer, tout en minimisant l’usage de composants métalliques et en assurant une résistance aux typhons. Ce système modulaire s’adapte aux irrégularités du site, préserve les arbres existants et laisse ouverte la possibilité d’une restauration future.

Doan Thanh Ha — Vietnam


« Un bon projet signifie que le bâtiment renforce la communauté et peut être utilisé sur le long terme. » 

La démarche de Doan Thanh Ha part des besoins concrets : logement, éducation, lieux de vie pour des communautés souvent fragilisées, dans un contexte d’urbanisation rapide et de fortes pressions environnementales et climatiques.

Ancrées dans le contexte vietnamien, ses réalisations s’appuient sur des solutions simples : utiliser des matériaux disponibles localement et concevoir des bâtiments capables de s’adapter aux usages, aux ressources et aux contraintes du site.

Plutôt que des modèles standardisés, il met au point des systèmes flexibles, reproductibles et ajustables selon les situations.

Ngói Space, Hanoï (Vietnam) : conçu comme un lieu ouvert mêlant café, expositions et séminaires, Ngói Space a une structure simple en béton, enveloppée d’une peau en tuiles de terre cuite. Celle-ci est utilisée comme filtre pour laisser passer l’air, la lumière et limiter la chaleur. Ce dispositif bioclimatique, fondé sur un matériau peu coûteux, permet de créer un bâtiment à la fois économique, adapté au climat et porteur d’une identité locale.

Loreta Castro Reguera & José Pablo Ambrosi — Taller Capital, Mexique


« Nous transformons les infrastructures urbaines en un outil participatif : l’eau devient un catalyseur social, culturel et écologique qui structure la ville et renforce ses liens. »

La démarche de Taller Capital consiste à travailler avec ce qui existe déjà, en développant des solutions adaptées plutôt que d’imposer des modèles extérieurs.

Au Mexique, ils interviennent dans des villes confrontées à une situation paradoxale : le manque d’accès à l’eau potable coexiste avec des inondations fréquentes. Pour y répondre, ils mettent en place des systèmes de gestion de l’eau légers et décentralisés, intégrés aux espaces publics et associés à des équipements urbains.

Leurs projets montrent que l’eau ne se limite pas à un service technique : elle peut aussi structurer les espaces et renforcer les liens entre les habitants.

Bicentennial Park, Ecatepec (Mexique) : Taller Capital a transformé un ancien terrain dégradé en une infrastructure capable de gérer l’eau de pluie : le site a été remodelé en terrasses pour capter, ralentir et infiltrer l’eau, limitant l’érosion et les inondations.

Amelia Tavella — France


« Je construis en dialogue avec l’histoire et le paysage : chaque site est analysé pour prolonger l’existant et transformer la mémoire en une architecture vivante. »

Amelia Tavella développe une architecture fondée sur la transformation de l’existant, à partir d’une analyse des dimensions géographiques, historiques et culturelles des sites. Son approche consiste à intervenir sans effacer, en identifiant ce qui peut être réparé, transformé ou réutilisé.

Ses projets privilégient des ressources locales — pierre, bois, terre cuite — et s’appuient sur les conditions concrètes du site, comme le climat ou la topographie, pour guider les choix de conception.

En combinant restauration, transformation et nouvelles constructions, son travail montre comment prolonger la vie des bâtiments et adapter les lieux à de nouveaux usages.

Maison du Territoire de l’Alta Rocca, Corse (France) : Amelia Tavella a transformé un ancien couvent en équipement culturel, en conservant et restaurant les structures existantes (murs, voûtes, escalier), tout en y ajoutant une extension. Les vestiges historiques du bâtiment comme les nouvelles extensions sont revêtus d’une enveloppe en cuivre qui reconstitue la silhouette d’origine.

Andreas Kipar — LAND, Allemagne


« Réhabiliter les paysages est essentiel pour réduire les émissions, renforcer la biodiversité et créer des communautés plus résilientes. »

Le travail d’Andreas Kipar et de son agence LAND consiste à transformer des sites dégradés, notamment d’anciennes friches industrielles, en espaces utiles pour la ville et ses habitants. Depuis les années 1990, il utilise le paysage comme un outil pour améliorer les territoires et accompagner leur transformation.

Ses projets reposent sur des actions concrètes : remodeler les sols, gérer l’eau de pluie, planter des arbres et recréer des milieux naturels pour améliorer le climat local et favoriser la biodiversité. 

Pour lui, le paysage n’est pas un décor mais une infrastructure à part entière, capable de relier la ville et la nature et de répondre aux enjeux environnementaux et sociaux. 

Rubattino Park, Milan (Italie) : Sous le viaduc de la Tangenziale Est, les architectes ont creusé un bassin alimenté par la rivière Lambro. Ce plan d’eau, alimenté par la rivière sous le viaduc, permet d’intégrer les infrastructures dans le paysage tout en favorisant la biodiversité.

Les membres du jury 2026, présidé par Prof. Dr. Jana Revedin :

• Marie-Hélène Contal, architecte, doyenne de l’École Spéciale d’Architecture, Paris, France;
• Dr. Jacopo Galli, architecte, Université Iuav de Venise, Venise, Italie ;
• Prof. Dr. Spela Hudnik, architecte, Université de Ljubljana, Slovénie ;
• Prof. Dr. Deniz Incedayi, architecte, Université des Beaux-Arts Mimar Sinan, Istanbul, Turquie;
• Marta Maccaglia, architecte, Lima, Pérou, Lauréate du Global Award for Sustainable ArchitectureTM 2018;
• Boonserm Premthada, architecte, Bangkok, Thaïlande, Lauréat du Global Award for Sustainable ArchitectureTM 2018
• Prof. Dr. Ashraf M. Salama, architecte, Newcastle, Royaume-Uni, co-Directeur du Conseil de l'Éducation UNESCO-UIA
• Prof. Nuno Soares, architecte, Macau, Chine, co-Directeur du Conseil de Validation UNESCO-UIA

Pour aller plus loin : https://globalawardforsustainablearchitecture.com/

Crédits photos portraits : Ye Man par ZSYZ Studio, Doan Thanh Ha par Nguyen Tien Thanh, Andreas Kipar par Ralph Richter, Amelia Tavella par Jelena Barraud

Crédit du visuel de début d’article  : Taller Capital

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